Protection financière d'un investissement immobilier commercial face aux risques locatifs
Publié le 15 mars 2024

La Garantie Loyers Impayés (GLI) pour un bail commercial n’est pas une simple charge, mais un arbitrage financier qui transforme un risque locatif volatile en un rendement patrimonial sécurisé et prévisible.

  • Le coût d’une procédure d’expulsion (12-24 mois de pertes et frais) dépasse largement le coût annuel de la GLI (2,5-3,5% du loyer).
  • La GLI stabilise vos flux de trésorerie, protège le bilan de votre SCI et préserve votre capacité d’investissement.

Recommandation : Analysez votre tolérance au risque et le profil de votre locataire pour décider si le transfert de ce risque à un assureur est l’option la plus rentable pour votre patrimoine immobilier.

En tant que propriétaire bailleur d’un local commercial, votre principale préoccupation est la pérennité de vos revenus locatifs. La crainte d’un locataire défaillant, surtout dans un contexte économique incertain où les faillites d’entreprises sont une réalité, est une source d’anxiété légitime. Face à ce risque, la sagesse populaire conseille de se prémunir avec des dépôts de garantie conséquents ou des cautions bancaires, souvent perçus comme des remparts suffisants. Ces solutions sont utiles, mais elles ne couvrent qu’une partie du problème et peuvent s’avérer lourdes à mettre en œuvre et insuffisantes face à une procédure longue et coûteuse.

L’équation de la gestion locative commerciale est plus complexe. Elle ne se résume pas à encaisser un loyer, mais à optimiser un actif. La véritable question n’est donc pas « comment éviter les impayés ? », mais plutôt « comment garantir la rentabilité de mon actif immobilier quoi qu’il arrive ? ». C’est ici que la perspective doit changer. Et si la Garantie Loyers Impayés (GLI), souvent vue comme une dépense supplémentaire, était en réalité l’un des outils d’arbitrage les plus efficaces à votre disposition ? Si, au lieu d’une charge, elle représentait un investissement stratégique dans la prévisibilité et la valorisation de votre patrimoine ?

Cet article se propose de dépasser la vision comptable de la GLI pour l’analyser sous l’angle du gestionnaire de patrimoine. Nous allons décortiquer son rôle non seulement comme un bouclier, mais aussi comme un levier pour stabiliser vos flux de trésorerie, protéger vos associés de SCI, optimiser votre fiscalité et, in fine, sécuriser la performance globale de votre investissement immobilier. Nous aborderons les mécanismes qui rendent cette assurance rentable et les clauses essentielles de vos baux qui interagissent avec elle pour former une protection complète.

Pour vous guider dans cette analyse stratégique, cet article est structuré en plusieurs points clés. Vous y découvrirez une comparaison chiffrée des coûts, les protections juridiques et financières associées, et les interactions avec les autres assurances et clauses de votre bail commercial.

Pourquoi payer 2,5% de vos loyers en assurance est plus rentable qu’un procès d’expulsion ?

La question de la rentabilité de la Garantie Loyers Impayés (GLI) se résume à un arbitrage simple : le coût certain et maîtrisé d’une prime d’assurance face au coût incertain, mais potentiellement exorbitant, d’une défaillance de locataire. Pour un bailleur prudent, la GLI n’est pas une dépense, mais la transformation d’un risque majeur en une charge d’exploitation prévisible. L’équation financière est sans appel. Une procédure d’expulsion pour un local commercial est un processus long et onéreux. Elle peut durer de 12 à 24 mois, pendant lesquels vous ne percevez aucun loyer. À cela s’ajoutent les frais de justice. Selon les professionnels, une procédure d’expulsion complète coûte entre 2 000 et 5 000 euros, sans compter les frais annexes et le temps que vous y consacrez.

L’illustration ci-dessous symbolise parfaitement cet équilibre. D’un côté, une petite pile de pièces représentant la prime de la GLI. De l’autre, un dossier juridique lourd et coûteux. La balance penche clairement en faveur de la prévention.

Pour un loyer mensuel de 1000 €, la perte sèche sur 18 mois de procédure s’élève à 18 000 €, à laquelle s’ajoutent les frais juridiques. En comparaison, une prime de GLI à 3% représenterait 360 € par an. Le calcul du coût d’opportunité est également crucial : l’argent et l’énergie dépensés dans un contentieux sont des ressources qui ne sont pas allouées à l’entretien de votre patrimoine ou à de nouveaux investissements. La GLI libère ce capital et cette tranquillité d’esprit. Le tableau suivant met en évidence le contraste saisissant entre les deux approches.

Comparaison GLI vs Procédure d’expulsion pour locaux commerciaux
Critère Assurance GLI (2,5-3,5% du loyer annuel) Procédure d’expulsion classique
Coût direct Environ 300€/an pour un loyer de 1000€/mois 2000-5000€ (honoraires avocat + huissier)
Durée moyenne Indemnisation dès le 1er mois d’impayé 12-24 mois (de la mise en demeure à l’expulsion effective)
Perte de revenus Couverte par l’assureur selon les termes 12-24 mois de loyers perdus (12000-24000€ pour un loyer de 1000€/mois)
Frais de procédure Pris en charge par l’assurance Commandement de payer: 100-450€ + frais d’avocat + frais d’huissier
Coût d’opportunité Flux de trésorerie stabilisé Capacité d’investissement bloquée pendant 12-24 mois

En définitive, souscrire une GLI revient à acheter de la visibilité sur votre rendement locatif. C’est une décision de gestionnaire de patrimoine qui privilégie un revenu stable et sécurisé à un gain potentiel plus élevé mais grevé d’un risque systémique.

Comment l’assurance emprunteur de la SCI protège les associés en cas de décès de l’un d’eux ?

Au-delà du risque locatif, la pérennité d’un investissement immobilier détenu via une Société Civile Immobilière (SCI) repose sur la solidité financière de ses associés, surtout lorsqu’un emprunt est en cours. L’assurance emprunteur n’est pas une option, mais un pilier de la structure. Comme le résume parfaitement Malakoff Humanis dans son guide, son rôle est fondamental :

En cas de décès d’un associé, l’assurance garantit que le bien immobilier est transmis aux héritiers sans que ceux-ci aient à assumer les charges du prêt.

– Malakoff Humanis, Guide assurance emprunteur et SCI

Cette protection est cruciale pour éviter des situations dramatiques où les associés survivants ou les héritiers se retrouveraient dans l’incapacité de faire face aux échéances, menaçant l’intégrité de l’actif. La clé réside dans la répartition des quotités d’assurance. Chaque associé doit être assuré à hauteur de sa participation ou, pour une sécurité maximale, selon sa capacité de remboursement. Une couverture à 100% sur chaque tête garantit qu’au décès de l’un, la totalité du capital restant dû est remboursée, libérant ainsi les autres associés et les héritiers de toute dette.

L’arbitrage de la quotité dépend de la stratégie patrimoniale et de la situation des associés. Il ne s’agit pas seulement de se couvrir, mais de le faire intelligemment pour protéger à la fois le bien et les familles. Le cas pratique suivant illustre bien l’importance de cette répartition.

Répartition des quotités d’assurance emprunteur dans une SCI familiale

Dans une SCI où chaque associé détient 50% des parts sur un emprunt de 600 000€, chaque associé est responsable de 300 000€. En cas de décès d’un associé assuré à 50%, l’assurance rembourse 50% du capital restant dû, et l’associé survivant doit continuer à rembourser les 50% restants. Pour une protection optimale, les couples aux revenus équivalents optent pour une quotité de 50/50. En revanche, pour les couples aux revenus très différents, il est souvent prudent que le conjoint aux revenus supérieurs soit couvert à 100%, assurant ainsi la prise en charge totale de l’emprunt en cas de disparition, protégeant de fait le conjoint aux revenus plus faibles.

En conclusion, l’assurance emprunteur est la GLI de la structure même de votre SCI. Elle sécurise la dette et garantit que le projet patrimonial survivra aux aléas de la vie de ses fondateurs, assurant une transmission sereine de l’actif.

Taxe foncière à la charge du locataire : est-ce légal dans tous les baux commerciaux ?

La refacturation de la taxe foncière au locataire d’un bail commercial est une pratique courante et un levier important pour optimiser la rentabilité nette d’un bien immobilier. La réponse à la question est claire : oui, c’est parfaitement légal, mais sous une condition non négociable. La loi Pinel de 2014 a clarifié ce point en rendant 100% légale la refacturation, à condition qu’une clause explicite et sans ambiguïté soit inscrite dans le contrat de bail. Sans cette clause, la taxe foncière reste par défaut à la charge exclusive du propriétaire.

En tant que bailleur, votre rôle est donc de vous assurer que le bail est rédigé avec la plus grande précision. La clause doit non seulement mentionner que la taxe foncière est à la charge du locataire, mais aussi détailler les modalités de sa refacturation. Depuis la loi Pinel, un inventaire précis des charges doit être annexé au bail, et la taxe foncière doit y figurer distinctement. Chaque année, vous êtes tenu de fournir à votre locataire une copie de l’avis d’imposition pour justifier le montant réclamé.

Il est important de noter que si la taxe foncière principale est récupérable, ce n’est pas le cas de toutes les taxes annexes. Par exemple, la taxe sur les bureaux en Île-de-France ou la taxe d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM) font l’objet de règles spécifiques. Une bonne rédaction du bail, idéalement par un professionnel du droit immobilier, est donc votre meilleure assurance pour sécuriser ce transfert de charge et ainsi améliorer directement le rendement net de votre investissement. La vigilance est de mise, car une clause mal formulée peut être requalifiée par un juge, vous faisant perdre le bénéfice de cette refacturation pour toute la durée du bail.

En somme, la loi vous autorise à optimiser votre rentabilité en transférant cette charge fiscale. Cependant, cette autorisation est conditionnée à une rigueur contractuelle absolue. Ne laissez aucune place à l’interprétation.

Le risque de ne pas retrouver de locataire après un sinistre mal indemnisé

Le risque locatif ne se limite pas aux impayés. Un autre scénario, tout aussi dommageable pour le bilan d’un investisseur, est celui de la vacance locative prolongée suite à un sinistre (incendie, dégât des eaux). Si les réparations traînent en longueur à cause d’une indemnisation insuffisante ou d’un conflit d’assurances, le local devient inexploitable. Pendant cette période, non seulement vous ne percevez aucun loyer, mais vous devez en plus supporter les charges courantes. C’est ici qu’intervient une confusion fréquente entre deux garanties distinctes mais complémentaires : la GLI et la garantie « Perte de loyers ».

Des experts en assurance immobilière le rappellent, il est crucial de ne pas les confondre :

La garantie ‘Perte de loyers’ de l’assurance multirisque immeuble indemnise les pertes de revenus locatifs lorsque le bien devient inhabitable suite à un sinistre, tandis que la GLI couvre les impayés d’un locataire solvable mais défaillant.

– Experts en assurance immobilière, Guide des assurances pour propriétaires bailleurs

Le risque est donc double : un sinistre peut non seulement endommager votre bâtiment, mais aussi paralyser votre flux de trésorerie pendant des mois. Une mauvaise indemnisation des dommages matériels (par exemple, si votre contrat prévoit un remboursement en valeur vétuste et non en valeur à neuf) peut vous laisser avec des fonds insuffisants pour une remise en état rapide et de qualité, retardant d’autant la relocation.

Une couverture complète est donc indispensable pour sécuriser votre investissement sur tous les fronts. Elle doit inclure une assurance Multirisque Immeuble (MRI) robuste avec une excellente garantie Perte de loyers, et une GLI performante pour le risque de défaillance en période d’exploitation normale. La synergie de ces deux contrats crée un véritable rempart pour votre patrimoine.

Votre plan d’action pour une couverture complète du risque locatif

  1. Points de contact : Identifiez tous les risques (impayés, sinistre, vacance post-sinistre) et les assurances correspondantes (GLI, MRI, Perte de loyers).
  2. Collecte : Inventoriez vos contrats actuels. Vérifiez les plafonds de garantie, les franchises, et les conditions d’indemnisation (valeur à neuf ou vétusté déduite).
  3. Cohérence : Confrontez vos garanties MRI et GLI. Assurez-vous que la garantie « dégradations immobilières » de la GLI comble bien les éventuels trous de la MRI.
  4. Mémorabilité/émotion : Repérez les clauses uniques (ex: durée de couverture de la perte de loyers) par rapport aux offres standards du marché. Est-elle de 12, 24 ou 36 mois ?
  5. Plan d’intégration : Contactez votre assureur pour ajuster les capitaux, ajouter la garantie « valeur à neuf » ou augmenter la durée de la garantie « Perte de loyers » pour sécuriser pleinement votre actif.

Ne pas se couvrir contre la perte de loyers suite à un sinistre, c’est laisser une porte grande ouverte à un risque financier majeur qui peut mettre en péril l’équilibre de votre investissement, bien au-delà d’un simple impayé.

Quand utiliser l’indemnité d’assurance pour financer une rénovation énergétique des locaux ?

Un sinistre, aussi regrettable soit-il, peut se transformer en une opportunité de valorisation patrimoniale. Lorsqu’un dégât des eaux ou un incendie partiel nécessite des travaux importants, la question se pose : faut-il réparer à l’identique ou en profiter pour moderniser ? Utiliser l’indemnité d’assurance comme base pour financer une rénovation énergétique est une stratégie de gestionnaire avisé. Cela permet de transformer une dépense contrainte en un investissement d’avenir. Le point de départ de cette réflexion est souvent le mode d’indemnisation de votre contrat. La plupart des contrats standards appliquent un coefficient de vétusté sur les biens endommagés.

Ce taux, souvent calculé forfaitairement à 6% par an depuis la dernière réfection, signifie que l’indemnité versée sera inférieure au coût d’une réparation avec des matériaux neufs. Puisqu’un complément financier de votre part est souvent inévitable, l’orienter vers une amélioration plutôt qu’une simple remise en état prend tout son sens. Profiter des travaux pour améliorer l’isolation, changer un système de chauffage vieillissant ou installer un éclairage LED performant peut avoir des bénéfices multiples : augmentation de la valeur du bien, réduction des charges pour le futur locataire (un argument de poids) et anticipation des futures normes environnementales.

La clé du succès réside dans la négociation avec l’expert d’assurance. Il ne s’agit pas de demander la prise en charge de la plus-value, mais de démontrer que le coût d’une réparation « améliorante » n’est que marginalement supérieur à celui d’une réparation à l’identique avec des techniques et matériaux modernes. Voici une stratégie pour aborder cette négociation :

  1. Documenter l’état initial : Avant même le passage de l’expert, rassemblez photos, factures et diagnostics antérieurs pour prouver l’état du bien avant sinistre.
  2. Préparer un projet chiffré : Présentez à l’expert un dossier solide avec des devis comparatifs montrant un projet de rénovation énergétique versus une réparation simple.
  3. Argumenter la valorisation : Mettez en avant que cette rénovation, en plus de réparer le dommage, pérennise l’actif et réduit le risque de sinistres futurs, un argument qui peut être entendu par un assureur.
  4. Mobiliser des financements complémentaires : L’indemnité d’assurance servira de socle. Complétez-la avec des aides de l’État pour la rénovation énergétique ou un prêt travaux, dont le coût sera compensé par la future hausse de la valeur locative.

En somme, un sinistre bien géré n’est pas une fin, mais une occasion de réaligner votre actif immobilier avec les exigences du marché et les impératifs de performance énergétique, créant ainsi de la valeur à long terme.

Pourquoi le bailleur vous refacture-t-il son assurance immeuble dans les charges locatives ?

La question des charges locatives est souvent une source de friction entre bailleurs et locataires. La refacturation de primes d’assurance en fait partie. En tant que propriétaire, il est essentiel de maîtriser ce qui est légalement récupérable pour optimiser vos charges sans créer de litige. La distinction fondamentale, comme le soulignent les juristes, concerne la nature de l’assurance.

La prime d’assurance Multirisque Immeuble (MRI) est une charge récupérable auprès du locataire de bail commercial, tandis que la prime de Garantie Loyers Impayés (GLI) reste strictement à la charge du bailleur et ne peut être refacturée.

– Juristes spécialisés en droit immobilier commercial, Analyse des charges récupérables en bail commercial

Cette distinction est logique. L’assurance Multirisque Immeuble (MRI) protège le bâtiment lui-même contre des risques comme l’incendie ou le dégât des eaux. Le locataire, qui occupe et utilise le bâtiment, est le premier bénéficiaire de cette protection qui garantit la pérennité de son lieu de travail. Il est donc juste qu’il participe à son coût. À l’inverse, la Garantie Loyers Impayés (GLI) protège exclusivement les intérêts financiers du bailleur contre la défaillance de son locataire. Il s’agit d’une assurance personnelle pour le propriétaire, qui ne peut donc pas en faire supporter le coût au débiteur potentiel du risque.

La loi Pinel a renforcé la nécessité de transparence. Pour qu’une charge soit récupérable, elle doit être explicitement listée dans le bail commercial. Le tableau suivant synthétise les assurances les plus courantes et leur caractère récupérable.

Distinction entre les primes d’assurance récupérables et non-récupérables en bail commercial
Type d’assurance Refacturable au locataire Justification
Assurance Multirisque Immeuble (MRI) ✅ Oui Protège le bâtiment et l’environnement de travail du locataire contre les sinistres (incendie, dégât des eaux, etc.)
Garantie Loyers Impayés (GLI) ❌ Non Protège exclusivement les intérêts financiers du bailleur contre le risque de défaillance du locataire
Assurance Propriétaire Non-Occupant (PNO) ✅ Partiellement Seules les garanties relatives aux parties communes et à l’immeuble peuvent être refacturées
Taxe foncière ✅ Oui (si clause explicite) Impôt local lié à la propriété, récupérable selon les termes du bail commercial

En conclusion, la refacturation de la prime MRI est un droit légitime du bailleur, qui doit être exercé avec rigueur et transparence contractuelle. C’est un élément de l’équilibre économique du bail qui contribue à la rentabilité de votre actif.

SCPI en usufruit ou contrat de capitalisation : quel support pour une trésorerie stable à 3 ans ?

La question de souscrire une GLI ou de s’auto-assurer est un arbitrage central pour un gestionnaire de patrimoine. Si vous décidez de ne pas transférer le risque à un assureur, vous devez alors constituer une provision pour faire face à un éventuel impayé. La question devient alors : où placer cette trésorerie pour qu’elle soit à la fois sécurisée, disponible et qu’elle génère un rendement ? Ce choix dépend de votre structure (SCI à l’IR ou à l’IS), de votre horizon de placement et de votre tolérance au risque. Le contrat de capitalisation est souvent une solution privilégiée pour la trésorerie d’une SCI à l’IS, grâce à sa fiscalité avantageuse et sa souplesse. Il permet de faire fructifier les fonds tout en les gardant relativement liquides.

L’alternative est de ne pas s’auto-assurer et de payer une prime GLI. Le coût de cette prime varie fortement en fonction de la qualité perçue du locataire. Si pour les locataires les plus solides, les taux avoisinent 2,5%, ils peuvent rapidement grimper. Pour des entreprises plus jeunes ou jugées plus risquées, les taux se situent plutôt entre 4,30% et 6,5% du loyer annuel charges comprises. Face à de tels coûts, l’auto-assurance peut sembler attractive. L’étude de cas suivante illustre cet arbitrage.

Analyse comparative GLI vs auto-assurance provisionnée pour une SCI commerciale

Une SCI détenant un local commercial loué 2000€/mois peut choisir entre souscrire une GLI à 2,75% (660€/an) ou provisionner cette somme sur un contrat de capitalisation. Sur 10 ans sans sinistre, la GLI coûte 6600€ de primes pures tandis que l’auto-assurance génère un capital de 6600€ + intérêts. Cependant, en cas de sinistre précoce (année 2), la GLI indemnise potentiellement 24 000€ de loyers impayés (12 mois) alors que le fonds propre n’atteint que 1320€. L’arbitrage dépend donc crucialement de la tolérance au risque, de la fiscalité (IR vs IS), et de la diversification de votre patrimoine. Pour une SCI avec un seul bien, la GLI est une sécurité quasi indispensable. Pour une SCI détenant de nombreux biens, la mutualisation du risque peut rendre l’auto-assurance plus viable.

En définitive, il n’y a pas de réponse unique. La GLI est une solution de simplicité et de sécurité maximale, idéale pour les bailleurs averses au risque ou peu diversifiés. L’auto-assurance, via un support comme le contrat de capitalisation, est une stratégie d’optimisation pour les patrimoines plus importants capables d’absorber et de mutualiser le risque.

À retenir

  • La GLI est un outil d’arbitrage financier : un coût fixe faible contre un risque de perte élevé et imprévisible.
  • Une couverture d’assurance complète articule GLI (impayés), MRI (dommages au bâtiment) et garantie Perte de Loyers (vacance post-sinistre).
  • La refacturation des charges (taxe foncière, MRI) est légale mais exige une clause explicite et rigoureuse dans le bail commercial.

Clause d’abandon de recours : pourquoi cette clause de paix est-elle essentielle dans votre bail ?

Le titre de cette section, tel qu’il apparaît souvent, est formulé du point de vue du locataire. En tant que bailleur, il faut le retourner : la clause d’abandon de recours est un mécanisme de protection essentiel pour VOUS. Cette clause est un véritable « pacte de non-agression » entre les assureurs. En cas de sinistre (par exemple, un incendie partant du local du locataire), cette clause empêche votre assureur (MRI), après vous avoir indemnisé, de se retourner contre l’assureur du locataire pour se faire rembourser. Et vice-versa. L’objectif est simple : accélérer les indemnisations et éviter des batailles juridiques complexes et coûteuses entre compagnies d’assurances, qui peuvent geler les remboursements pendant des années.

Comme le résument des experts en droit des assurances, cette clause est un outil de fluidification :

La clause d’abandon de recours évite que les assurances respectives du bailleur et du locataire se déclarent la guerre pendant des années, gelant ainsi les indemnisations pour tout le monde. C’est un pacte de non-agression pour accélérer les règlements.

– Experts en droit des assurances immobilières, Guide des clauses contractuelles en bail commercial

Pour qu’elle soit efficace, cette renonciation doit être réciproque. Vous renoncez à attaquer votre locataire, et il renonce à vous attaquer. Chaque partie doit informer son propre assureur de l’existence de cette clause, afin que celui-ci l’intègre dans le contrat. Sans cela, l’assureur pourrait refuser de couvrir un sinistre au motif qu’on l’a privé de son droit de recours. Pour un propriétaire, l’intérêt est majeur : en cas de sinistre, vous êtes indemnisé rapidement par votre propre assureur, sans attendre de déterminer les responsabilités. Cela vous permet de lancer les travaux de réparation sans délai et de limiter la période de vacance locative.

Certains locataires, notamment les grands groupes, peuvent même exiger une « clause miroir » où le bailleur renonce à tout recours même en cas de faute du locataire. Accepter une telle clause vous impose de vérifier que votre contrat MRI couvre bien ce scénario sans possibilité de recours, pour ne pas vous retrouver sans couverture.

Pour garantir une gestion de sinistre apaisée et rapide, il est crucial de maîtriser le fonctionnement de ce mécanisme de renonciation mutuelle.

En conclusion, l’intégration d’une clause d’abandon de recours bien rédigée et acceptée par les assureurs respectifs n’est pas un simple détail juridique. C’est un choix stratégique qui privilégie la rapidité d’indemnisation et la continuité de votre activité locative sur les litiges de responsabilité.

Questions fréquentes sur l’assurance et les charges en bail commercial

La taxe foncière peut-elle être légalement refacturée au locataire d’un bail commercial ?

Oui, à condition qu’une clause explicite le prévoie dans le bail commercial. Sans clause spécifique, la taxe foncière reste à la charge exclusive du propriétaire bailleur.

La GLI couvre-t-elle les impayés de taxe foncière refacturée au locataire ?

Cela dépend des conditions générales du contrat GLI. La plupart des contrats couvrent les charges et taxes récupérables prévues au bail, mais il est essentiel de vérifier explicitement si la taxe foncière est incluse dans les garanties.

Quelles sont les obligations du bailleur lors de la refacturation de la taxe foncière ?

Le bailleur doit fournir chaque année au locataire un état récapitulatif détaillé, l’avis d’imposition original, et une facture conforme. La clause doit être claire et figurer dans l’inventaire des charges annexé au bail depuis la loi Pinel 2014.

Qu’est-ce qu’une clause d’abandon de recours et pourquoi existe-t-elle ?

C’est une clause par laquelle le bailleur et le locataire renoncent mutuellement à exercer des recours l’un contre l’autre en cas de sinistre. Elle permet d’éviter les procédures longues entre assureurs (subrogation) et accélère les indemnisations pour les deux parties.

La clause d’abandon de recours est-elle obligatoire dans un bail commercial ?

Non, elle n’est pas obligatoire mais fortement recommandée. Elle simplifie la gestion des sinistres en permettant à chaque assurance (MRI du bailleur et multirisque professionnelle du locataire) d’indemniser son propre assuré sans rechercher la responsabilité de l’autre partie.

Rédigé par Thierry Montagne, Thierry Montagne justifie de 20 ans d'expérience dans l'expertise après sinistre, d'abord pour les compagnies puis au service des assurés. Diplômé en génie civil et certifié par la fédération des experts, il maîtrise l'évaluation des dommages matériels (Immobilier, Flottes, Machines). Il conseille aujourd'hui sur la sécurisation des actifs physiques de l'entreprise.